Bardo Pond – Under The Pines ( Fire Records – Mars 2017 )

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Quatre ans après Peace On Venus, le groupe américain Bardo Pond sort de son silence avec Under The Pines. Au programme, six titres et un psychédélisme aux confins de la noise et du drone. Si Bardo Pond se forme à la même époque que les Brian Jonestown Massacre, il incarne une facette du psychédélisme plus méconnue. Loin d’un rock aux rythmes un peu pop, aux mélodies accrocheuses, le groupe de Philadelphie reprend son approche ésotérique fait de rythmes pesants, de guitares saturées, de bruit blanc et du chant toujours aussi incantatoire de Isobel Sollenberger à moins qu’elle joue l’apaisement avec quelques passages à la flûte dont nous sommes devenus coutumiers.

Comment définir la musique de Bardo Pond ? Si on veut s’essayer au jeu des clins musicaux, on peut y voir un mariage entre le lyrisme de Pink Floyd et l’expérimentation de Sonic Youth mais cela n’aidera pas ceux qui n’ont pas fait l’expérience d’un album de Bardo Pond.

On ne peut pas dire que le quatuor nous prépare en douceur à entrer dans leur nouvel opus. La saturation des guitares est là dès l’intro de Crossover, ce dont on avait déjà l’habitude chez Bardo Pond, même si le rythme de ce morceau initial est finalement assez planant, jouant sur l’alternance de la mise en avant de la voix d’Isobel et des guitares. Out Of Reach radicalise ce mouvement initial avec une saturation poussée au maximum et un mélange de la voix et des instruments pour aboutir à un final haletant qui devrait donner lieu à un véritable déluge sonore lorsque ce morceau sera joué en concert. Après ces dix minutes avec une intensité progressive, la douceur de My Eyes Out est la bienvenue. Sur un ton erratique, la voix semble répondre aux frémissements torturées des cordes.

Arrivé au milieu de l’album, l’auditeur arrive au morceau le plus classique, le plus américain de ce parcours. Moment To Moment n’est rien d’autre qu’une ballade folk un peu plus saturée.  Il n’en fallait pas moins pour la tension précédente laisse place à la rêverie, signe que le groupe sait autant utiliser ces longues plages sonores pour l’expérimentation  que pour des morceaux plus mélodieux.

Nos oreilles une fois reposées, le titre éponyme Under The Pines peut revenir sur les terres des premiers morceaux pour nous livrer un des riffs de guitare les plus intenses de l’album avant que le groupe ne finisse par le doux morceau instrumental Effigy, dans lequel Isobel délaisse sa voix aux profits d’une mélodie à la flûte.

Under The Pines continue sans surprise la lignée de Peace On Venus et des précédents albums. Adepte des musiques planantes et d’un rock des profondeurs le groupe arpente inlassablement son territoire.

 

Paris Psych Fest 2017 – Jour 1 ( BRYAN’S MAGIC TEARS / NOIR BOY GEORGE / JACCO GARNER / TESS PARKS / THE KVB / TRAAMS )

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L’heure a sonné.

L’heure fatale qui marque le coup d’envoi de seize heures d’un tourbillon psyché garage et post punk : Monstruosité quand tu nous tiens. Pour une telle abnégation, on remerciera les organisateurs du Paris International Festival of Psychedelic Music, autrement raccourci PIFPM et qu’on rebaptise tous illico presto Paris Psych Fest car très honnêtement, c’est bien mieux. Le festival s’est téléporté en mars je ne sais diable pour quelle raison (spéciale dédicace à toi fidèle lecteur adepte de potins) mais cela a l’avantage d’apporter une vertu hallucinogène à une pluie remarquable dans sa constance. Je suis heureuse sinon de fouler pour deux jours le sol du Trabendo, idéale par sa jauge, son acoustique et ses souvenirs qui suintent des murs.

L’affiche de ce vendredi est pour moi des plus alléchantes. Petit changement de dernière minute : Mountain Bike a chopé la grippe entre deux virées en vélo cross. J’avoue être quelques peu déçue d’autant que leur dernier album tout chaud sorti du four recèle de belles perles surf et garage. On y reviendra certainement.Trêve de chouineries, le Paris Psych Fest remporte toutefois la palme des remplacements heureux de dernière minute avec Jacco Gardner qui prend la relève. Sans aucun doute, le festival gagne en cohérence dans sa programmation, c’est-à-dire mettre à l’honneur ce que le genre psychédélique a à offrir aujourd’hui..

Mise en jambe avec Brian’s Magic Tears qui ouvre cette première journée. C’est l’occasion de découvrir cette formation parisienne qui regroupe en son sein des membres de la Secte du Futur et de Dame Blanche et qui a sorti son premier album chez XVIII records en novembre. Sur enregistrement, on retrouve un peu de la candeur cassée de François Virot dans les belles mélodies dream pop sous couvert d’une grosse nappe de fuzz : shoegazien. Le live est plus proche du côté obscur. Parfois, la batterie fait des feux d’artifices comme celle de Tame Impala dans Nothing that has happened so far… et ça réchauffe. On retiendra également la bassiste et sa voix qui fait des merveilles en duo avec celle de son homologue.

Noir Boy George :Attention ce qui va être écrit plus bas est un tissu de subjectivité.

Ouai c’est sûr, là, on est bien loin du psychédélisme et d’ailleurs je sens le public quelque peu perplexe. Mais, dieu que je l’attendais de pied ferme son concert, bien séduite des quelques morceaux qui traînent sur la toile. Pas de place pour les avis en demi-teintes avec ce gars-là. C’est parti pour l’invasion de drone servi par un synthé et une boîte à rythmes dégueulasse qui fera criser tous les batteurs (ils auront d’ailleurs le droit à une petite dédicace). Tout seul avec sa machine bringuebalante, son micro et son t-shirt Sepultura, Noir Boy George te balance sa fragilité au visage, et exorcise le quotidien en provocation et en cynisme. Sur scène, il donne tout et puis se casse. Dieu que ça fait du bien d’avoir un bon flow français corrosif dans les pavillons. Ca revivifie et on se sent un peu comme un gros lutteur russe au sauna en train se faire fouetter le dos par des branches. Et ça, ça arrive pas tous les jours.

Synthés, basse, percus africaines et batterie, en douceur Jacco Gardner et sa bande s’installent en un cercle qui renifle bon la bienveillance d’une jam session. Tout au long de ce set purement instrumental, sur scène, on se regarde, on se répond, on se sourit pour laisser la place à l’improvisation entre jazz et psychédélisme. Côté public, contemplatif, on part en voyage vers des paysages fantasmés. Des moments si fins comme ça où tu te sens véritablement dans un festival de psyché à te balader dans l’étendue de ce que peut proposer le genre.

17274212_10154518081867810_2195760_nCette belle parenthèse se ferme et un peu assoiffée, je pars refaire le plein lorsque j’entends au loin une voix sensuel, chaude et rauque. Pas de doute, c’est Tess Parks. Pendant que la technique s’active en plein changement de plateau, en fond de salle, un attroupement de gens à l’écoute. Devant eux, baignée dans les lumières changeantes,elle est là, seule, debout avec sa guitare entourée de bougies et de fleurs. C’est elle qui tient le fil rouge de cette nouvelle édition du Paris Psych Fest. Un rêve, tel qu’est intitulée cette création, brosse le portrait en trois interludes de l’artiste avec deux sets en solo tantôt électrique puis acoustique, et un dernier avec les membres de You said Strange à la Cigale. C’est l’occasion de plonger dans l’univers de celle qui enchaîne dernièrement les collaborations avec Anton Newcombe, le gourou des Brian Jonestown Massacre. Le set fait la part belle aux morceaux de son très bon premier album et l’espace de 20 minutes, on partage un petit moment d’intimité avec cette muse. Il y a comme un air de Nico dans l’air.

Pas le temps de niaiser, c’est l’heure de rentrer dans la phase nocturne et épileptique de ce vendredi. Le festival a été bien gentil de nous laisser toutes nos forces pour bouger frénétiquement sur The KVB et TRAAMS. Nul doute que je saurai les remercier en arrosant mes voisins de boissons frelatés entre deux pogos.

17270421_10154518081937810_180509590_nThe KVB, que dire sinon l’efficacité d’un set rodé. La voix caverneuse de Nicholas, les vidéos monochrome et architecturales de Kat et leur coldwave drone incisive sont toujours aussi bandantes. Du coup, on s’en abreuve sans fin. Le couple communique à plusieurs reprise avec le public, ce qui donnera lieu à un dépannage de mediator au passage. Chose plutôt sympa à voir et pas courant quand on fait de la darkwave, le style où t’as pas le droit de sourire sur scène et limite dire au revoir c’est trop.

C’est déjà l’heure de TRAAMS. A mon avis, à clamer comme la plus grosse claque de ce vendredi. Une énergie vibrante, une tension libératoire et zéro temps morts. Vraiment, je ne me pencherai pas sur la basse incisive, les riffs imparables entre cette gratte saturée et son chanteur, ni sur le rythme tenace qui ne vous lâche pas. Non, je n’en parlerai pas car dans la fosse, c’est l’extase : on se défoule, on éclate, on se sent vivant. Le temps passe vite, si vite que lorsque le son se coupe à cause d’une alarme incendie intempestive et signe ainsi la fin du concert, c’est le réveil brutal. La sensation de manque est tenace et marque le début de ma nouvelle obsession : les revoir au Divan du monde le 22 mars prochain avec en plus les gars de Seattle de Car Seat Headrest en première partie.

Cosmonauts/ Blue Mountain Expansion au Batofar ( 18/02/17 )

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Nous voilà de retour au Batofar pour une envolée psychédélique du côté obscur avec, en point de mire, l’occasion de découvrir sur scène le dernier effort A-OK de Cosmonauts.

La cale est déjà bien remplie à l’arrivée de Blue Mountain Expansion. Une première partie qui ne dénote pas tant ce jeune groupe du Mans installe en quelques morceaux une atmosphère de Manchester englué dans la fin des 70’s lorgnant avec un grunge un peu crade. Décharné du voile dream pop des enregistrements, le live de Blue Mountain Expansion prend toute son ampleur dans ses escalades noise avec des fins dIMG_7407-3e chansons en forme de sorties de tunnel. Bien libérateur et à propos alors que les californiens s’apprêtent à monter sur scène.

La salle frise désormais le sold out. Tant mieux, la fuzz résonne à l’arrivée de Cosmonauts et signe qu’il est temps d’en découdre. On retrouve avec un plaisir indicible ce chant terriblement indolent de cancre désabusé.
La setlist du concert fait la part belle aux récentes compositions. A l’écoute de l’album, on se disait que le titre A-OK avait un sacré potentiel en live. Confirmation faite, le riff est bien imparable et idéal pour une entrée en matière sous les meilleurs auspiIMG_7491-3ces. On enchaîne direct sur la ligne de basse de Be-bop-a-Loser, instinctivement addictive. Le groupe s’y lance avec une efficacité sans faille. S’en suit une partie plus calme où l’on passera rapidement sur Doom generation et autres berceuses planantes un peu poisseuses au premier sens du terme.
A défaut d’un Wear your hair like a weapon sur lequel j’aurai headbangué avec joie, le groupe nous a concocté un rappel aux petits oignons terminant sur Good Lucky Blessing, ce que nous leur souhaitons également jusqu’aux prochaines retrouvailles.

Nouveau clip de Dead Horse One: Season of Mist

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Quelques jours après la sortie de leur second album Season of Mist, Dead Horse One nous dévoile le clip du titre éponyme. Tout comme la musique elle-même, le clip nous renvoie aux grandes heures du shoegaze avec ces séquences mélangeant flou et mouvements saccadés qui rappellent les clips de My Bloody Valentine ( Soon ) ou The Jesus & Mary Chain ( Far Gone and Out ). Avec ce parrainage mythique et leur engagement dans ce style musical, le Dead Horse One délivrent donc un clip en parfait accord avec leur esthétique.

Concours Cosmonauts / Blue Mountain Expansion: 1×2 places à gagner pour le concert au Batofar le 18/02

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Le Paris International Festival of Psychedelic Music étant maintenant dans deux semaines, il devient urgent de réhabituer son esprit aux rêveries psyché après cette pause hivernale.

Pour cela, rien de tel que le concert de samedi prochain au Batofar avec les californiens de Cosmonauts et les français de Blue Mountain Expansion. Du psyché planant, du shoegaze aux guitares saturées, un cocktail parfait pour un orgasme auditif.

Entre garage et psyché, classant eux-mêmes leur musique dans le « drug punk », les californiens Cosmonauts ont sorti en 2016 leur quatrième album A-Ok! chez le fameux label Burger Records se rapproche autant des Brian Jonestown que des Temples ou des Sex Pistols. Heureusement, ces influences se retrouvent rarement sur les mêmes morceaux mais permettent au groupe de ne jamais se contenter d’une zone de confort indolente.

Pour cette soirée, ils seront précédés par un jeune groupe du Mans, les Blue Mountain Expansion. Plus de deux ans après leur premier EP au son brut mais avec une véritable âme psychédélique, il est temps de le voir jouer leurs nouveaux morceaux sur scènes.

Si vous voulez assister au concert, Le Champsonore vous fait gagner 1×2 places et pour tenter votre chance il vous suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante en indiquant votre nom et prénom: lechampsonore@lechampsonore.fr.