Concours Cosmonauts / Blue Mountain Expansion: 1×2 places à gagner pour le concert au Batofar le 18/02

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Le Paris International Festival of Psychedelic Music étant maintenant dans deux semaines, il devient urgent de réhabituer son esprit aux rêveries psyché après cette pause hivernale.

Pour cela, rien de tel que le concert de samedi prochain au Batofar avec les californiens de Cosmonauts et les français de Blue Mountain Expansion. Du psyché planant, du shoegaze aux guitares saturées, un cocktail parfait pour un orgasme auditif.

Entre garage et psyché, classant eux-mêmes leur musique dans le « drug punk », les californiens Cosmonauts ont sorti en 2016 leur quatrième album A-Ok! chez le fameux label Burger Records se rapproche autant des Brian Jonestown que des Temples ou des Sex Pistols. Heureusement, ces influences se retrouvent rarement sur les mêmes morceaux mais permettent au groupe de ne jamais se contenter d’une zone de confort indolente.

Pour cette soirée, ils seront précédés par un jeune groupe du Mans, les Blue Mountain Expansion. Plus de deux ans après leur premier EP au son brut mais avec une véritable âme psychédélique, il est temps de le voir jouer leurs nouveaux morceaux sur scènes.

Si vous voulez assister au concert, Le Champsonore vous fait gagner 1×2 places et pour tenter votre chance il vous suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante en indiquant votre nom et prénom: lechampsonore@lechampsonore.fr.

Dead Horse One : Season Of Mist ( Janvier 2017/ Requiem pour un twister )

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Trois ans après Without Love We Perish, album emblématique du renouveau de la scène shoegaze française et symboliquement produit par Mark Gardener de Ride, le groupe valentinois Dead Horse One qui avait déjà répondu à quelques unes de nos questions il y a deux ans ( interview à lire ici ) revient avec son second album: Season of Mist. Soutenu par le label Requiem pour un twister qui a déjà sorti d’autres groupes français issus de la même scène tels Venera 4 ou Future, cet album confirme les qualités du groupe qui est cette fois accompagné sur plusieurs morceaux par Rorika et John Loring des Fleeting Joys ou Guido Anselmi de Kingdom of The Holy Sun. Il serait pourtant faux de croire que ce second LP n’est que la répétition du premier. Alors que les guitares de Without Love Perish ne se débarrassaient jamais d’une certaine douceur qui faisait autant penser au shoegaze de Ride qu’au néo-psychédélisme des premiers albums des Brian Jonestown, Season of Mist explore deux directions très différentes. Passant à la limite extrême du néo-psyché ( tant ce genre est devenu tentaculaire ), Le groupe développe deux univers opposés, tel un Janus musical.

La face sombre de ce nouveau Janus est dévoilée dès Insight, le titre liminaire de l’album. Après une première minute faisant office d’introduction et remplie de guitares plus pesantes que celles des précédents opus du groupe, on découvre peu à peu les autres transformations, une voix teintée d’une certaine mélancolie et des guitares plus nerveuses, prises d’une certaine urgence. Cette nouvelle obscurité s’imposera à la fin de l’album avec l’urgence de Mantis et It’s been a while, signe de son importance dans la construction de Season of Mist.

Pourtant, dès le second titre de l’album, ce Janus nous présente une face plus lumineuse, celle de la dreampop du titre éponyme Season Of Mist ou  de Disconnected où on retrouve Rorika et John Loring. Sans créer une véritable incohérence, ces deux visages permettent de réveiller à chaque morceau notre attention lorsqu’on écoute l’album.

Ces nouveautés ne font pourtant pas disparaître les fondamentaux du groupe et on retrouve les guitares vaporeuses, en somme un brouillard sonore, du premier album dans plusieurs titres envoûtants tels Mesmerize Me, Today (avec Guido Anselmi et John Loring qui accompagnent  le groupe au chant ) ou Sharon.

Vous l’avez compris, cet album n’est pas une trahison, mais bien une promesse tenue. Le groupe ne se contente pas de poursuivre sa voie, mais enrichit sa palette musicale.

Malheureusement, l’album semble bien incomplet, comme s’il lui manquait un titre aux allures mythiques. Et c’est pour cette raison que vous devez l’écouter jusqu’au bout. Ce morceau aux résonances religieuses n’est autre que leur reprise de Forget About Jesus de Swell qui conclut l’album avec des arrangements évoquant irrésistiblement le charme de My Bloody Valentine.

Vu les bonnes fées qui inspirent les cinq membres de Dead Horse One, vous avez compris que les fans de shoegaze et de neo-psyché sont dans l’obligation quasi religieuse d’écouter cet album. Mais, plus largement, le groupe conquiert la place qui lui revient dans la scène rock française grâce à l’enrichissement de sa palette musicale.

Facebook :  Dead Horse One

Bandcamp: Dead Horse One

Requiem pour un Twister

Live-Report: Fai Baba au Plan de Ris-Orangis ( concert du 27 Janvier 2017 )

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Fai Baba vient de Zürich.

Qui l’eut cru ? Vraiment il est l’heure de remettre ma pendule à l’heure. Celle où j’imaginais une suisse pastorale, enclavée entre les chaînes de montagne, protégée par sa neutralité des péripéties européennes. Bref, un pays un peu chiant qui ressemble à une couverture de Martine et qui roupille tranquillement sur un matelas épais de blé plus ou moins propre.

Fai Baba vient de Zürich et convoque mille influences en une composition sidérante de finesse : soul, blues, rock bien senti, ballade folk et psychédélisme.

Alors ne nous attardons pas plus sur une nationalité dont, clairement, le groupe n’en a rien à foutre et allons renifler de plus près ce que leur histoire et leur live raconte.

Au départ, Fai Baba, c’est une aventure plus longue que ce que j’avais imaginé.C’est d’abord Fabian Sigmund seul qui a composé et enregistré entre 2010 et 2014 4 albums avec une équipe différente de celle que l’on va découvrir ce soir. Après une petite période à plat, il rencontre Domi Chansorn, batteur jazz patenté. Ils se mettent à composer ensemble. Et puis, Domi lui fait la proposition de produire le prochain album. Un putain de coup de foudre artistique entre les deux zozios quoi. Fai baba seul sur une pochette technicolor en 2014 revient en 2016 avec en couverture cette photo de 2 vieux potes en noir et blanc, celle que l’on garde dans le portefeuille.

Rendez-vous à quelques encablures de Paris dans la belle salle du Plan. A mon arrivée, le groupe est déjà en place : à l’extrême gauche et à l’extrême droite, le duo au commande de la magie : Fabian, guitare-chant, et Domi à la batterie. Ils entourent bassiste et claviériste, et tous ensemble n’auront de cesse de s’accompagner du regard et du sourire goguenard. La belle équation pour les compositions en mille feuille du groupe.

Le live va dans le bon sens. Ceux qui pourrait reprocher à l’album sa douceur pop doivent bien s’apercevoir que le live est tout sauf lisse. Le quatuor puise ardemment dans le dernier album et nous invitent à nous perdre dans les atmosphères changeantes de Sad & Horny. Je dois bien l’avouer, je me suis fait mener par le bout du nez au bout de quelques minutes. Tu sais, cette sensation d’abandon total des bons concerts.

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Le groupe prend un malin plaisir d’alterner dans son set toute une palette de sensations : Pendant que je retrouve Andrew Bird dans le sifflotage de Fabian sur Why do I feel so alone, la tension obsédante de Don’t belong here tord les visages, concentre les gestes. La batterie caresse les peaux, la voix se fait douce et abrupte à la fois, la basse et la guitare enrobent dans une soul lourde qui me rappelle un peu les essais de Connan Mockasin dans Caramel. De quoi finir le morceau sur les genoux implorant pour une explosion immédiate.

Tant mieux, c’est l’heure de Can’t get over you, le morceau de 6 minutes de l’album que la fine équipe a, selon leur dire, enregistré en une traite au petit matin d’une bourritude avancée. On va droit, épique et déchaîné dans une course ascensionnelle vers la fin du concert. Le batteur est omniprésent. On le voit avec plaisir se démener, tantôt d’une finesse absolue, tantôt faisant valser son kit comme un beau diable. Il impulse l’énergie nécessaire à des montées de nappe de guitare et d’orgue. Et puis, d’un coup, un brusque changement de thème redéfinit tout le paysage et remonte en pallier jusqu’à ce que le rythme s’accélère dans une énergie libératrice.

Après une courte sortie, Fai Baba revient pour un dernier morceau. Cela commence comme une ballade folk à la voix un peu fêlée, un peu hantée qui n’est pas sans rappeler Timber Timbre. On croit que la bande veut nous mener tranquillement vers le lit sur un chant doux et nocturne. C’est se tromper lourdement car en fait on part en voyage. La voix clame puis se tait et laisse place à une ambiance pastorale. La batterie lèche les peaux et lorsque le calme s’installe un peu trop longtemps, le rythme se fait plus assurée. On part alors en grande cavalcade vers une Amérique mystifiée. Toutefois, cela est fait avec une telle finesse que ce serait une insulte de partir dans de tels clichés. On laisse plutôt les dernières notes résonner et nous repartons rassasiés en leur disant à très bientôt pour le Paris Psych Fest début mars.

Concours Lambchop: 1×2 places à gagner pour le concert au Trabendo le 30 Janvier

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L’investiture du nouveau président nous a fait croire par erreur que la country était devenue l’alliée de Donald Trump. Heureusement, Lambchop est là pour nous rappeler que la musique américaine est tout sauf homogène au niveau idéologique, pour le pire mais aussi le meilleur. Même si la proximité du chanteur Kurt Wagner avec le parti démocrate est rassurant, la capacité du groupe à transcender les frontières de la country alternative l’est d’autant plus. Mélangeant ce style avec une pointe de jazz et surtout des sonorités électro, leur dernier album, Flotus, secoue après quinze de carrières leur univers musical pour faire remonter la bande sonore des rues de Nashville, plein de rythm’n blues et de hip-hop. Si on se rappelle tous du magnifique Nixon, cet album ne saura le remplacer, malgré la résurgence des mythes américains à la JFK, mais ce mélange entre expérimentation et émotion ne peut nous laisser indifférent.

Le Champsonore vous propose de gagner 1×2 places pour le concert de Lambchop au Trabendo le 30 janvier. Il vous suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante avec votre nom et prénom: lechampsonore@lechampsonore.fr.

Si les gagnants veulent prêter leur plume au webzine pour nous envoyer vos impressions sur le concert n’hésitez pas.

 

Exclu: You Said Strange sort la session live de son nouveau titre « The Way to the Holy War » + Interview

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Parmi leurs résolutions pour 2017, les membres de You Said Strange se sont sans doute promis de devenir un des groupes importants de la scène française rock. Alors que leur rock psyché toujours en tension, à la recherche d’un expérience proche du sacré leur avait déjà permis d’être repéré comme un des groupes à suivre dans cette nébuleuse psyché, l’album qu’ils ont prévu d’enregistrer au printemps à Portland avec Peter Holmström servira sans nulle doute de révélation.

Juste avant, les normands vont parcourir l’Europe afin de transmettre leurs bonnes paroles aux terres d’Italie et d’Espagne et finiront leur tournée en participant au Paris International of Psychedelic Music pour la soirée de clôture avec les Dandy Warhols le 05 mars prochain.

Heureusement, nous n’aurons pas à attendre jusqu’à cette date pour les entendre puisqu’ils nous livrent dès aujourd’hui la session live de leur nouveau titre The Way of the Holy War tournée en prise de son direct au studio Capitola par David Vallet, clip qui permet de deviner l’intensité du groupe sur scène.

A l’occasion de l’exclu sur leur clip, le groupe a répondu à quelques questions afin que nous puissions en savoir plus sur leur actualité et leur vision du psychédélisme.

1- Comment s’est formé You Said Strange ?

Il y a un bon moment déjà. Ça date du collège. Matthieu et Eliot s’étaient rencontrés à une des premières éditions de Rock in the Barn. Ça a commencé par des reprises évidemment, puis les compos sont venues. Une première démo + 2 EP produits avec Stanley Belton de Black Market Karma en 2015 et 2016. 2017, il est temps de passer à l’album.

2- Vous allez enregistrer votre premier album. Reprendra-t-il des morceaux sortis déjà en EP ou marquera-t-il une évolution ? Pourquoi avoir choisi de l’enregistrer avec Peter Holmström ?

A vrai dire on est encore sur le choix des morceaux. Il est quasiment certain qu’un ou deux titres des EP figureront dans l’album, mais cela dépend de la cohérence évidemment. Et oui l’album marquera une forte évolution déjà perceptible dans nos concerts de cette année. 50 dates de la Pologne au Portugal en passant par l’Italie forcement tu renouvelle ton set. On a beaucoup écrit entre les dates finalement afin que tout cela ne s’essouffle pas. On met des morceaux de coté, on les rejoue quelques mois plus tard et il y a des incontournables qu’on ne peut pas effacer. Disons que la tournée façonne pas mal la tronche qu’aura notre album.

En ce qui concerne la 3ème question nous avons eu la chance d’assurer les premières parties de The Dandy Warhols sur 5 dates françaises en mars 2015. Ce groupe a toujours fait partie de nos influences et on a jamais cru à leur diabolisation dans « Dig ! », En gros les BJM sont les génies bordéliques et Les Dandy sont les vendus. Bref on a toujours rêvé de travailler avec une de nos influences fortes. On avait vécu une semaine avec les Dandy, la glace était brisée, ça ne mangeait pas de pain de leur demander. 1 an après la tournée, dans les loges de leur concert lillois nous avons demandé cash à Peter si il voulait être directeur artistique de notre premier album, il a accepté sur le champ disant que l’opération risquerait d’être fort amusante. Faire un album avec une de vos idoles, au delà du coté musical, cela relève de l’experience de vie, le simple fait de pouvoir enregistrer des morceaux avec quelqu’un qui accompagne vos trajets vers le lycée est une sorte de jubilation, d’accomplissement et de vengeance personnelle envers l’école (rires). Non plus sérieusement nous sommes fans de la fine part shoegaze que les Dandy ont su donner à leurs composition tout en gardant le coté classe et mélodieux. Nous sommes très fiers et très heureux de ce qui nous arrive. On auto-produit l’album et lançons un financement participatif sur le net la semaine prochaine.

3- Votre dernier titre « The Way to the Holy War (Jesus) » est plus long que vos autres morceaux, avec une énergie plus proche du live. Marque-il une étape dans votre parcours ? Pourquoi l’avez-vous enregistré séparément ?

On aime vraiment ce titre, c’était 12 minutes ou rien. On l’a composé dans les montagnes de l’arrière pays Niçois à Clans. On voulait que le titre sorte isolé. Qu’il soit découvert avec rien d’autre autour, que les gens se focalisent dessus. Il sort seul comme nous avons pu l’être en l’écrivant et en l’enregistrant d’ailleurs ! Le rec s’est fait au mois de décembre au Capitola Studio de Nico Brusq dans La Creuse. Une sacrée expérience, 80% du titre est en live, (la vidéo c’est 100% en revanche) c’était un chalenge intéressant, tout doit être bon, être ensemble et au final c’est ce qui fonctionne le mieux chez nous.

4- Le titre de ce single fait référence à la guerre sainte. Est-ce une référence au climat politique actuel ?

On peut le prendre comme ça.

Disons qu’on a toujours eu un attrait pour les titres « sacré ». Lord can you hear me ? de Jason Pierce, Oh Lord des BJM ou encore Amen Amin de Faiz Ali Faiz, une vidéo qui tourne sur toutes nos soirées. Le maître du Kawali chante avec un groupe de Gospel lors d’un concert exceptionnel à Nice. Amin et Amen se rejoignent, 2 mots conclusifs religieux, l’un à la fin de la première sourate et l’autre en fin de toute prière chrétienne qui se respecte. En l’espace de 12 minutes. (Le format de prédilection pour le Kawali c’est entre 11 et 12 min), la chanson unit les spiritualités de manière évidente. Disons qu’aborder un morceau aux résonances Gospel sur ce minutage sacré c’est notre façon de lier les choses….

Au final on sait bien que le climat politique actuel n’est pas religieux, tout cela n’est qu’un leur.

Les hautes spheres multinationales se frottent les mains face a ces séparations religieuses. Les guerres actuelles ne sont en aucun cas spirituelles, elles sont pour les énergies fossiles les gazoducs et oléoducs qui transpercent de toute part le Moyen-Orient.

5- Quels sont les groupes actuels dont vous sentez-vous proches et ceux que vous aimez écouter?

Physiquement et historiquement, on se sent évidemment proches de Black Market Karma, Dead Horse One se sont nos amis, on tourne souvent avec eux, on adore les écouter quand ils ne sont pas là. (rires)

Sinon on écoute beaucoup de choses. Par exemple les dernières sorties de King Gizzard sont géniales. Du Dead Rabbits, MacDemarco, The Lemon Twigs, Sonic Boom, TAU, il y a un album de Follakzoid qui tourne pas mal à la maison en ce moment…

6- Que recherchez-vous dans le psychédélisme ?

« Vous avez 4 heures »

7- Qu’est-ce que le psychédélisme selon vous ? définiriez-vous la musique psychédélique? Pour la musique en particulier, quels sont les groupes qui l’incarnent le plus (groupes des années 60-70 ou groupes contemporains )? Quelle place donnez-vous à des groupes comme les Black Angels ou les Brian Jonestown ? Pour vous la convergence entre psyché et shoegaze est-elle une évidence ?

Large question. On a tous notre propre définition du psyché non ? On se souvient de cette question posée à Alex Mass lors d’une conférence au Jokers Pub à Angers lors du dernier Levitation. Il disait que c’était super subjectif et que finalement on peut trouver une part de psyché dans ce que l’on veut. Le psyché transcende, tout ce qui nous transcende à une part de psyché, ça rentre en tête, ça titille le cerveau, ça interpelle, ça reste. De Spacemen 3 à My Bloody Valentine, des Dead Skeletons à Black Ryder, la liste est ultra longue. Pour nous ça peut de la Folk ambiant à du Kawali en passant par de la grosse trans qui tache. (Titre).

On passe forcément par les Black Angels un moment ou un autre, et puis ils ont leur propre festival ça nous fait un point en commun (rires). Même si Anton Newcombe le sait un peu trop les BJM sont les vraies têtes de gondoles actuelles et puis il y a toujours cette patte que l’on reconnaît à travers cette diversité et productivité d’albums. C’est magique. Le fait qu’il ait quitté sa terre natale pour un exil on ne peut plus volontaire à Berlin souligne cette liberté que l’on constate sur scène. Ce coté « Je fais ma musique librement et je vous emmerde » séduit beaucoup . Peu importe la manière dont ça sonnera en façade tant que ça sonne dans ses retours c’est bon. C’est peut-être lui qui incarne le mieux la subjectivité du psyché, l’important c’est que ça sonne pour soi.

8- Comment expliquez-vous le renouveau du psychédélisme depuis les années 90, renouveau qui s’est accéléré depuis quelques années en France par exemple, vous-mêmes contribuant à ce renouveau avec le festival Rock In the Barn ?

Beaucoup disent que la musique populaire est une sorte de boucle qui se répète sans cesse. Ce style se défend parmi tous les autres. Je pense qu’en 2017 niveau Rock n Roll quasiment tous les styles ont été visités, c’est très dur de sortir quelque chose de 100% neuf. Si on additionne cela à l’accroissement du nombre de groupes, aux mentalités qui changent, à internet qui favorise les échanges et les mixages d’influences on peut dire que tous les styles explosent en même temps aujourd’hui. Il n’y a pas de mode comme chaque décennie a pu connaître. Tous les styles du monde ont leurs têtes d’affiches, leurs mouvances et chaque scène pointue à son public à travers le globe. J’ai l’impression que tous les styles visités et revisités depuis les 50’s refont surface aujourd’hui, forcément le psychédélisme n’échappe pas à la règle.

Avec Rock in the Barn on a vraiment attaqué l’angle psyché en 2015, non pas par mode mais parce que nos gouts ont évolués et que partager ce que l’on aime écouter a toujours été le maitre mot.

9- Le pProcessed with MOLDIVsychédélisme des années 60-70 et celui qui revient aujourd’hui sont liés à une incertitude économique et politique, même si le climat de années 60 avait un aspect plus euphorique en partie lié au boom économique de l’après-guerre. Est-ce plus qu’une coïncidence? Qu’est-ce que le psychédélisme dévoile sur notre époque?

Comme dit dans la réponse précédente on ne pense pas que les gens écoutent plus de psyché qu’autre chose, il y a des gens qui en écoutent d’autre pas, Il n’y plus de modes musicales à notre époque. De plus, les incertitudes économiques et politiques ont toujours existé. Notre lien à la musique a sa particularité aujourd’hui : On en consomme beaucoup, ça peut avoir un coté chouette, la découverte est quotidienne, mais on la jette facilement. On passe 30 secondes de ce titre là, 1 min de l’autre, si ça plait pas on zappe, bref cette tendance est un reflet de notre monde en général. Le psyché presque pieds et poings liés au milieu indé voire de niche offre une image de temps figé grâce notamment à son format d’écoute de prédilection : Le Vinyle. Ce dernier a toujours survécu dans le milieu des groupes indés. Sur notre époque je dirais que le psyché lié indiscutablement au vinyle tend à ralentir les choses à faire prendre le temps lors d’une écoute, à accepter l’ordre des morceaux, (pas de playlist) à écouter d’une traite un album, à simplement apprécier le moment. Quand le commun des mortels aura compris ce respect pour l’art le plus populaire de la planète, on aura gagné beaucoup de choses mine de rien car prendre le temps dans notre société ça devient rare.

 

Prochains concert de You Said Strange:

 

01/02 : Bienne – Le Salopard (CH)

02/02 : Perugia – Marla (IT)

03/02 : Tarquinia – Boa Sorte (IT)

04/02 : Teramo – L’Officina (IT)

05/02 : Arezzo – Pastificio elettrico (IT)

06/02 : Cremona – Antica Osteria Del Fico (IT)

07/02 : TBA

08/02 : Trento – L’Arsenale (IT)

09/02 : Domodossola – La Loggia Del Leopardo (IT)

10/02 : Puget-Sur-Argens – Le Rat’s (FR)

11/02 : Nice – La Friche (FR)

17/02 : Madrid – La Cuerva Del Copernico (ES)

18/02 : Barcelona – Sala Apolo (ES)

19/02 : Bilbao – Bermeo (ES)

 

05/03 : PARIS PSYCH FEST // La Cigale

 

Crédit photo: Lao Segur